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Cartouche à membrane, escroquerie ?

Je vous vois venir, “Dis tu y va pas un peu fort, ça fait un peu pute à cliques ton titre non ? ” Et vous avez raison ! Enfin pas tout à fait…

La cartouche à membrane serait la solution face à la contamination croisée. Voyons voir…

Tout d’abord, qu’est ce qu’une cartouche et plus précisément  qu’est ce qu’une cartouche à membrane.

La cartouche.

Bon, vous devriez avoir une idée quand même plutôt claire de ce que sont les cartouches dans le tatouage si vous êtes familier avec ce milieu. Pour les autres sachez tout simplement que c’est un module qui vient remplacer le grip et les aiguilles classiques. Avant nous avions l’obligation technique d’avoir autant de dermographes que d’aiguilles utilisées lors d’une séance, car chaque changement durant le tatouage était très long et peu pratiques.

Maintenant avec la cartouche vous pouvez avoir une seule machine et en deux secondes vous changez d’aiguilles et ce autant de fois que vous voulez. Génial non ?

Ça fait quand même un petit bout de temps que les cartouches sont présentes mais c’est seulement ces dernières années que les cartouches ont explosées en popularité. L’arrivée des dermographes dit “Pen”  viendra sceller cette nouvelle dominance en terme de popularité d’utilisation.

Ce qui nous intéresse ici c’est les cartouches à membrane, une sorte de cartouche 2.0 qui résoudrait le problème de l’hygiène des cartouches. Ne bougez pas, vous allez comprendre de quoi je parle.

Reprenons. La membrane de ces cartouches est là en sauveur de l’hygiène et de la protection contre la contamination croisée.  L’avantage clair et net du pack aiguille + buse + manchon, c’est qu’après votre tatouage vous jetez le tout. Avec la cartouche c’est légèrement plus problématique car il arrive que de l’encre remonte soit dans le grip (non jetable) de votre rotative, soit directement dans votre dermographe “Pen” (ce qui est encore plus problématique).

La cartouche à membrane, une solution à notre problème ?

Voilà donc une cartouche à membrane. La membrane c’est ce qui est en gris tout à droite sur l’image. Rien de bien savant, mais il fallait y penser. La membrane vient donc empêcher l’encre de remonter dans le grip et/ou le dermographe.

Alors oui, vous pouvez faire le test, retourner votre cartouche à membrane, verser un peu d’encre dans l’ouverture, et elle ne ressortira pas par derrière. Ou alors croyez moi juste sur parole.

La membrane marche, super.

Cependant pour quelle raison l’encre voudrait remonter dans votre machine ? Je vous rassure, l’encre de tatouage n’a pas de propriété qui inverse la gravité.

Qu’est ce qui fait donc qu’elle remonte?

Si l’encre remonte dans votre manchon(=grip) et/ou machine, c’est tout simplement que le tatoueur ne tatoue pas correctement. 

Ce n’est certainement pas le mouvement de va et vient de l’aiguille qui fait remonter l’encre, mais bien le fait que la machine est tenue à l’envers, aiguille tournée vers le haut. Et si votre aiguille est tournée vers le haut, alors votre encre descend dans la direction opposée ou elle est censée aller , et si votre encre descend, c’est moins de pigments qui iront sous la peau. Comme un stylo en somme.

La cartouche à membrane n’est pas la solution à un problème mais juste une rustine en cas de mauvaise pratique du tatouage.

Dès lors que vous ferez en sorte (peut être que vous le faites déjà) de toujours avoir votre aiguille qui pointe en direction du sol, le problème n’existe plus.

Que ce soit bien clair, la cartouche à membrane est à mon sens une amélioration de la cartouche, mais certainement pas une nécessité, elle vient juste rajouter une sécurité en cas de mauvaise pratique. Si on fait attention, c’est un problème qui n’arrive JA-MAIS (normalement). 

Par contre, cartouche à membrane ou non demande quand même un autre point de rigueur afin d’éviter la contamination croisée. 

Le tatoueur ne doit jamais tenir la cartouche par la partie insérable avec les gants souillés !

Et donc par conséquent faire en sorte de ne jamais souiller/toucher cette partie insérable des cartouches.

Le tatoueur est humain et souvent lors d’une longue séance de tatouage le pourtour du manchon ou Pen est souvent couvert d’encre.

Que le Pen soit dans un plastique protecteur ou non,  (pareil pour le grip) cette partie par ou entre l’aiguille sera probablement souillée.

Il y a donc une probabilité de souiller la partie haute de vos cartouches à chaque retrait et insertion. Oups…

Une solution ? 

Il n’y a pour l’instant pas de solution sur le marché qui pourrait empêcher à 100% une contamination du grip ou de l’intérieur du Pen lors d’un tatouage.

Le mieux est d’apporter une attention toute particulière lors de la manipulation des cartouches afin d’éviter au maximum l’introduction d’encre/sang dans le pen ou manchon.

Il en va de la responsabilité du tatoueur de nettoyer et désinfecter consciencieusement l’intérieur du grip ou Pen à la fin de chaque séance. Mais également de tatouer de la façon la plus propre possible (justement faire attention à la partie insérable de vos cartouches).

En conclusion :

Que la cartouche soit à membrane ou non elle est n’est donc jamais à 100% propre. Et c’est la problème. Un GROS problème même.

A l’heure ou chaque marque pompe allègrement l’apparence du pen du concurrent d’a coté, ils n’innovent pas pour régler ce problème. Alors que ça reste quand même un sacré point noir. La seule marque à avoir amorcé une solution c’est Inkmachines marque pionnière des rotatives avec la Dragonfly qui ont sorti le Scorpion un pen avec des cartouches à aimant évitant tout contact avec l’intérieur et un support spécial ou mettre les cartouches quand elle ne sont pas utilisées. Mais l’entrée du grip de la Scorpion n’est toujours pas protégée, il y a donc toujours un moyen de souiller l’intérieur du grip. Cependant pas le mécanisme interne de la machine, ce qui est déjà bien mieux que tous les autres fabricants.

Toutefois l’utilisation obligatoire de cartouches spéciales aimantées propres à Inkmachine est gênante. Manque de choix, approvisionnement difficile… Et impossible d’utiliser ces cartouches quand le Pen est en configuration pour les cartouches universelles. De plus, toutes les aiguilles ne se valent pas… Peut mieux faire donc.

Pourtant à mon avis la solution serait plutôt simple. Il suffirait de pouvoir insérer une membrane souple à l’endroit ou le mécanisme et la cartouche se touchent. Une sorte de préservatif interne pour le pen. Cette membrane serait à usage unique et donc il suffirait en fin de séance de détacher le grip et d’enlever cette membrane. Ainsi l’intérieur de la machine resterait immaculé de toute contamination et la seule chose à nettoyer serait le grip.

Bien entendu les fabricants devront prendre en compte cette membrane lors de la fabrication de ces nouvelles machines. On tendrait donc vers une nouvelle norme et ça ne serait pas plus mal.

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